
Réalisation : Richard Fleischer
Année : 1975
Origine : États-Unis
Durée : 127 min.
Restriction : -16 ans
Diffusion : DCP, vostf
Longtemps réduit à sa réputation sulfureuse, Mandingo apparaît aujourd’hui comme l’un des films les plus dérangeants et les plus lucides sur l’Amérique esclavagiste.
Richard Fleischer y mêle mélodrame, exploitation et chronique historique pour révéler la logique perverse d’un système fondé sur la possession et la violence sexuelle.
Sous ses atours de film populaire, l’œuvre frappe par sa frontalité, son refus du confort moral et la précision avec laquelle elle montre la déshumanisation à l’œuvre dans la plantation.
À la fois excessif, fiévreux et d’une noirceur implacable, Mandingo demeure une pièce essentielle du cinéma américain des années 1970 — un film qui met le spectateur face à l’horreur ordinaire de l’esclavage, sans détour ni échappatoire.
Quand j’avais écrit mon livre Redneck Movies, je sentais qu’il me manquait un chapitre sur ces aberrations hollywoodiennes que sont les mélodrames historiques sudistes du type Mandingo de Fleischer ou Une fille nommée Lolly Madonna de Sarafian. Ces films sont tellement excessifs et enragés qu’ils dépassent en termes de violence tous les films d’exploitation que l’on pouvait voir dans les drive-in des années 70. Pourtant, ils demeurent à mon avis essentiels dans une approche du Southern Gothic au cinéma et Mandingo, avec sa maison de plantation qui tient le rôle principal, a joué un rôle essentiel dans mon envie d’aller en Louisiane afin de me confronter à mes rêves de cinéma tels que je les narre dans Shockroads. C’est une œuvre faulknérienne et dégénérée qui s’attaque aux racines les plus maudites et traumatisantes de l’histoire des Etats-Unis, et Fleischer filme comme personne la décomposition d’un système, d’une famille, d’un lieu. Un hurlement bestial sur un passé national honteux.
Maxime Lachaud




